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May
May 10, 2019, 12:16 pm

Coucou les loulous ! Je profite d’une petite éclaircie dans mon planning pour vous parler un peu BD ! J’avais envie de vous parler assez rapidement de quelques tomes 1 ou one-shot que j’ai lu récemment, et que je dois d’ailleurs rendre à la bibliothèque bientôt ! Tout cela va être assez court, je vous entrouvre juste la couverture pour vous inciter à les découvrir par vous-même ! Ou pas d’ailleurs ! Styles très différents, parti pris radicaux ou grands délires, laissez-moi vous présenter, les BD du mois de mai !

Le combat ordinaire - Manu Larcenet

On commence par un classique, une bande dessinée assez contemplative sur la vie de Marco, un jeune photographe français au début des années 2000. On suit sa vie, alors que l’on découvre sa dépression, ses crises d’angoisses, sa vie familiale, amoureuse et professionnelle compliquées, ses instants de vie, de rires, de pleurs aussi. Ici on retrouve une réflexion autour de la vie de couple, Marco souffrant d’un problème d’engagement, mais on aborde également les relations que l’on a avec ses parents en grandissant. L’action passe également par 2002, le second tour des élections présidentielles et les angoisses qu’il a suscité. Si vous vous sentez de faire une virée dans une vie, d’un petit gars banal et paumé, je vous la conseille, ça vous fera réfléchir pendant de longues minutes une fois la dernière page tournée.

Meilleur album du festival d’Angoulême 2004, une œuvre emblématique de la bibliographie de Larcenet !

Outcast – Robert Kirkman (the walking dead) et Paul Azaceta

Un petit bébé de l’auteur de The Walking Dead! Il reste là encore dans son genre de prédilection : l’horreur. Délaissant ici les zombies chers à Romero, il se tourne vers Friedkin et son Exorciste. On suit Kyle Barnes, un homme dont toute la famille a été possédée par des démons qui le torturent depuis l’enfance, qui va rencontrer un prête qui lui demande de l’aide pour aider un garçon nommé Joshua. Entre scènes de vie quotidienne et moments d’horreur, le trait d’Azaceta épouse totalement le scénario, et met en lumière l’angoisse rampante des situations présentées. Un premier tome qui m’a plutôt plu, cependant je reste sur mes gardes, The Walking Dead m’ayant aussi emballé au début, pour me faire décrocher tel un A380 tentant un looping.

Paper girls – Brian K. Vaughan et Cliff Chiang

4 livreuses de journaux de 12 ans, au lendemain du jour d’Halloween 1988, vont se retrouver au milieu d’un conflit temporel et vont botter des culs ! Voilà si ce résumé ne vous a pas convaincu de vous ruer dessus vous êtes des gens étranges ! Le style graphique est dynamique, original, les 4 filles Erin, MacKenzie, KJ, et Tiffany ont des dialogues crédibles pour des filles de 12 ans tout en affirmant leurs différences de point de vue et leur caractères. On est vite pris par le scénario fantasque qui nous bombarde de trucs qu’on ne comprends pas, avant que toutes les pièces du puzzle s’assemblent. Le premier tome se finit sur un cliffhanger, renforçant l’impression de lire une retranscription d’une série B, et qui donne envie de se jeter sur les autres tomes de la série. Tu aimes les années 80 ? La SF ? les couleurs flashy ? Paper girls est une série faite pour toi !

Oblivion Song – Robert Kirkman (again) et Lorenzo De Felici

Encore Kirkman ! Ce coup-ci, on se retrouve dans la ville de Philadelphie, 10 ans après une catastrophe qui a provoqué le déplacement de 300 000 habitants de cette ville vers une dimension parallèle, peuplée de montres énormes en tout genre. Si le gouvernement a perdu tout espoir pour ces personnes, un petit groupe de trois personnes menées par un dénommé Nathan Cole, conduit des missions de secours pour tenter de ramener des survivants. On suit alors l’obsession de Nathan, quasi-maladive d’aller dans cette dimension pour sauver des gens, faisant fi de tous les risques, ainsi que de toutes les voix qui tentent de le dissuader. Le scénario est intéressant, et un des points abordés est particulièrement intéressant : après 10 années à vivre de manière plus sauvage, dans une jungle, en étant pourchassés par des monstres, comment les survivants peuvent ils s’intégrer dans leur ancienne vie ? Comment gérer ce traumatisme ? Les téléportés veulent-ils tous vraiment revenir ? Autant de questions que ce tome 1 va aborder, et j’espère qu’elles seront explorés plus avant dans la suite ! Cependant, un point négatif selon moi : le styde de De Felici. Si son coup de crayon sait rendre des plans fixes assez majestueux, dès que l’on entre dans les mouvements et le dynamisme, je trouve l’ensemble assez brouillon et confus. Le design assez polymorphe des créatures peuplant l’autre dimension n’aidant pas à la compréhension de certaines planches. Un exemple parmi d’autres, le dessin central de cette planche difficile de comprendre du premier coup d’œil de quoi il s’agit.

Renato Jones – Kaare Kyle Andrews

Alors là, on entre dans une œuvre qui va diviser ! Vous allez soit adorer soit me la renvoyer dans la tronche mais pas rester indifférents ! Imaginez Batman, mais qui, au lieu d’aller traquer des super vilains au cœur de la nuit, préfère aller tuer des ultra-riches véreux dans des soirées et des parties fines. Renato Jones est un orphelin, récupéré par une femme fortunée afin de le faire passer pour son neveu, disparu dans un accident en même temps que ses parents, afin de récupérer l’héritage. Finalement entraîné par le majordome de la maisonnée, il va développer une haine pour le 1% de la population, qu’il côtoie quotidiennement de par la fortune des Jones qu’il a acquise. De malversations en licenciement abusifs, de rapt en tortures de gens pauvres qu’ils ne considèrent même plus comme des êtres humains tout ceci en est trop pour Renato, il faut les faire payer. Sanglant, violent, outrancier et percutant, le récit entrecoupé de fausses publicités parodiques est génialement mené. En pastichant le genre du comics, tout en y associant des influences cinématographiques (Tarantino n’est pas très loin), Andrews livre ici une œuvre plus nuancée qu’il n’y parait, où les doutes du héros, appartenant à la caste qu’il rêve de détruire, côtoient les scènes de punition sans pitié. Tant narrativement que visuellement, nous sommes face à quelque chose de radical, mais qui a tout du futur classique.

Fondu au noir – Ed brubaker et Sean Phillips

La première chose qui frappe quand on tient en main Fondu au noir ? Son poids, en effet, on est devant un petit bébé de plus 320 pages, qui nous promet de nous tenir occupé pendant nos longues soirée d’hiver ! La deuxième ? Sa couverture magnifique, qui affiche directement le ton : on est en plein dans le film noir, on entend déjà les notes de jazz et on sent l’odeur du tabac fumé par un détective privé bourru. Et son ramage se rapporte à son plumage croyez le bien ! L’histoire commence quand un scénariste de cinéma, Charlie Parish découvre en se réveillant d’une gueule de bois le corps inanimé de la star de cinéma Valeria Sommers. Sans aucun souvenir de la soirée qu’il vient de passer, il fuit la scène de crime. Plus tard, il apprend que quelqu’un à camouflé le meurtre en suicide. Qui ? Pourquoi ? Où se trouve la vérité ? Un récit nous exposant les dessous de l’industrie cinématographique des années 50, où les machinations et guerres larvées sont légion, où l’alcool et les secrets font partie du quotidien. Les Etats-Unis d’Amérique en pleine ébullition, au sortir de la seconde guerre mondiale et en pleine guerre froide, sert de trame de fond à une intrigue tout droit sortie d’un bon polar. Le dessin est délicat, tout en oppositions de clairs obscurs, renforce le côté cinématographique de l’œuvre. Baissez un poil la lumière, on se met du jazz en fond (ou la BO du jeu L.A Noire, pourquoi pas !) et on se glisse dans cet univers, 320 pages que l’on ne voit pas passer, le suspens, l’atmosphère, tout nous entraîne et nous envoute. A lire absolument si vous aimez ce genre d’ambiance.

Infinity 8 – Lewis Trondheim, Zep et Dominique Bertail

J’ai également lu ce petit bijou de science-fiction un peu gore, premier volume d’une expérience un peu folle de Trondheim : 8 volumes, pour raconter des histoires avec peu ou prou le même point de départ, mais scénarisés en collaboration avec des artistes différents à chaque fois (Davy Mourier, Boulet, Zep, Killofer, Kris…) et dessinés par un artiste également différent. Je pense que j’en parlerai plus quand j’aurai lu l’intégralité des 8 tomes mais la démarche semble hyper cool ! Le premier tome quant à lui présente une aventure spatiale un peu déjantée, où une agent de sécurité, Yoko, est envoyée inspeter un vaisseau délabré rempli de cadavres. C’est gore, c’est pulp, les designs sont travaillés et originaux, tout est exagéré et fleure avec le n’importe quoi grandiloquent. J’ai hâte de lire les 7 autres tomes !

Et voilà c'était tout pour ce mois-ci, mais rassurez vous je vais continuer d'aller fouiner dans les rayons de ma bibliothèque, en étant très bien conseillé, pour aller dénicher des trucs intéressants! Tchô!

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